Depuis maintenant quatre mois que j’habite au pays de la langue des Beatles (quoi de Shakespeare ? On est en 2009 faudrait peut-être évoluer non ? Tiens je me demande en quoi reformuler ‘la langue de Molière’ du coup… La langue de… Un chanteur ou un groupe français bien connu à l’étranger… La langue de… Johnny Hallyday ? Patrick Bruel ? YEURK !!! Comment puis-je débiter de telles horreurs ?! Tiens je sais. La langue des Daft Punk. On a tendance à oublier qu’ils sont français ceux-là. Pourtant ils plaisent bien par ici. Mais ils tombent tous des nues quand on leur dit que…)
Ahem.
Depuis maintenant quatre mois que j’habite au pays de la langue des Beatles, j’ai pu remarquer que ces chers insulaires avaient des mœurs bien différents des nôtres. En bien, majoritairement. Mais comme je suis une râleuse chronique, ça ne serait pas intéressant de se pencher là-dessus. Donc, ici, je vais relever une habitude british qui me déplaît quelque peu.
En France, une route n’est pour une piéton pas un grand obstacle, même dénuée de passage piéton. D’ailleurs, le piéton est roi. Matériellement inférieur par rapport au conducteur, le piéton a toujours raison. Traverser au rouge, en plein milieu d’un carrefour, l’air désolé, d’un pas pressé, ou même de sénateur en décochant au passage un regard suffisant aux conducteurs frustrés et pestant derrière leur pare-brise, le piéton est le grand mogol du bitume, quoiqu’on en dise.
Pas chez les buveurs de bière tiède (barbares ! Mais je ne vais pas m’épancher là-dessus. Pas tout de suite)
Mieux vaut avoir les tripes bien accrochées et les pores peu dilatés si vous voulez survivre aux émotions fortes du traversage de routes anglaises. Il serait à peine exagéré de dire que si vous osez traverser au nez et à la barbe d’un british driver, ce dernier accélérera volontairement histoire de vous faire faire trois fois le tour de votre slip sans toucher l’élastique. Il est pratiquement impossible de traverser hors des zèbres. Oui parce qu’en plus, ils massacrent des zèbres pour faire leurs passages cloutés. Je suis pas folle, quand même. Je prépare une licence d’Anglais je sais encore ce que veux dire ‘zebra’.
Et parlons-en, de leurs passages cloutés. Et plus précisément des feux de trafic. L’automatisme ici, c’est pas leur fort. Il faut appuyer sur un bouton pour que le feu passe au vert (pour les piétons seulement, imaginez le bordel si c’était la même chose pour les voitures). Et non seulement on doit attendre trois plombs pendant lesquels on a mille fois le temps de se dire qu’on a pas le cul sorti des ronces, mais en plus, une fois que le feu passe au vert, on a 10 secondes chrono en main pour traverser. Passée cette durée, personne ne saurait répondre de votre espérance de vie. Et histoire de bien vous mettre la pression, l’engin vous bipe à la gueule un rythme de dead man walking :
Bip bip bip bip bouiiiiiip (plus que sept secondes !)
Bip bip bip bip bouiiiiiip (allez cours !)
Bip bip bip bip bouiiiiiip (plus vite !)
Bip bip bip bip bouiiiiiip (t’es mort hihihi !)
On nous nargue… En plus, durant les trois dernières secondes de vert qui nous sont accordées, le feu passe à l’orange pour les voitures. Donc au final, on n’a que sept secondes pour traverser de la petite rue à sens unique à l’artère à quatre voies.
Inutile donc de préciser que le piéton anglais est un piéton stressé, contrairement au piéton français qui est un piéton décontracté (voire péteux). Et donc en tant que piétonne française (et ayant pratiqué à Paris de surcroit) j’ai tendance à faire un peu flipper mes petits insulaires adorés qui se baladent avec moi. Dans le genre ranafoute, je suis pas championne mais presque. J’adore traverser durant les trois secondes finales, en prenant tout mon temps, un petit sourire en coin et un sourcil – récemment magnifiquement piercé d’ailleurs – haussé, pendant que, à l’arrière, mes potes en pleurs et en proie à la plus pure panique sont déjà en train d’appeler le service funèbre le plus proche.
En dehors des zèbres donc, il est quasiment impossible de traverser. Mais parfois, on n’a pas envie d’aller jusqu’au prochain. Il faut donc attendre que la voie soit libre. Ce qui peut prendre un certain temps. Le temps qu’il faudrait pour rejoindre le passage clouté le plus proche, en fait.
C’est pas compliqué : en Angleterre, on ne m’a JAMAIS laissée passer alors que j’attendais pour traverser.
Ah si, pardon : une fois.
C’était un belge.
CQFD.
Et en plus les belges, eux, ils ont de la bonne bière, du bon chocolat et des beaux militaires.
Cette note est dédicacée au Chat sur Mars, aux zèbres, à la Duvel et au Titanic.
Comments
Pas grand chose de neuf je dois dire et oui, à court d'inspiration ! Ici, ça va ça vient, pire que la marrée ! A bientôt peut-être 8)